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Mieux comprendre

Avant de parler de cordes, de cuir ou de rôles, il y a une question essentielle : pourquoi faisons-nous cela ?
Le BDSM n’est pas qu’une affaire de technique, c’est avant tout un langage relationnel.
Pour certain·e·s, c’est une quête de plaisir brut et de sensations nouvelles.
Pour d’autres, c’est une manière de construire une confiance absolue, un espace où on peut déposer son armure pour s’abandonner – ou, au contraire, pour prendre soin de l’autre avec une attention décuplée.
Pour beaucoup, le BDSM peut apporter une expérience du lâcher prise, en passant par le corps et l’intensité pour pouvoir, enfin, laisser le mental de côté.

L’intention, c’est la boussole de votre voyage.
Si votre moteur est la complicité, chaque geste, même le plus dur en apparence, pourra renforcer la confiance et le jeu entre vous. Si c’est le lâcher prise, un contexte sécurisant et une attention à vos sensations vous permettront de vous abandonner.

La satisfaction d’une session de BDSM n’est en général pas liée à une technique particulière, elle est davantage dans le lien. C’est le sentiment d’avoir été vu·e, entendu·e et respecté·e dans ses désirs les plus intimes

Si la communication est bien posée, l’exploration de nos fantasmes et des nos peurs crée une intimité que le quotidien ne permet pas toujours d’atteindre : le BDSM peut être un accélérateur de complicité tout autant que de connexion sexuelle.

Avant de tester

Clarifier ses intentions permet d’éviter les malentendus et de s’assurer que vous avancez au même rythme.

  • Définir son “Pourquoi”
    Prenez un moment pour vous dire : “Ce que je cherche aujourd’hui, c’est surtout de la détente / de la connexion / du frisson / de l’intensité…” Cela aide votre partenaire à ajuster son attitude.
  • Faire le point
    Après un premier essai, même court, demandez-vous mutuellement : “À quel moment t’es-tu senti·e le·la plus proche de moi ?” Parfois, c’est dans la tension sexuelle avant, d’autres fois c’est un regard pendant l’action, parfois c’est la douceur de l’aftercare qui suit.
  • L’intention vs le résultat
    Ne vous mettez pas la pression de la “performance”. Si vous essayez quelque chose et que vous finissez par avoir peur ou au contraire par éclater de rire (ça arrivera !) arrêtez-vous pour en discuter.
    Si vous restez connectés, en équipe, rien ne peut être un échec : c’est une réussite relationnelle !
    (et si jamais vous déconnectez, voyez comment débrieffer cette sortie de route après coup).
  • Sécurité affective
    Si l’intention de l’un·e est de pousser les limites alors que l’autre cherche la douceur, parlez-en avant.
    La complicité naît de l’alignement de vos besoins, du fait que chacun ait été entendu pour décider ensemble du terrain de jeu…

Approfondir : 5 questions pour aller plus loin

  1. Parmi ces mots, lequel résonne le plus pour toi aujourd’hui : Confiance, Abandon, Puissance, ou Jeu ?
  2. Y a-t-il un geste simple (une main tenue, un mot doux) qui te permet de rester connecté·e à moi, même dans l’intensité ?
  3. Qu’est-ce qui, dans mon attitude, te rassure et te rend plus fort·e ?
  4. Si une séance ne se passe pas comme prévu, comment pouvons-nous garder la connexion entre nous ? (et pourquoi pas, en rire plus tard)
  5. Quelle est la chose que tu as découverte sur nous depuis que nous discutons de ces sujets ?

Ressources

À lire :

  • Essai : Le Cœur sur la table de Victoire Tuaillon.
    Pour repenser les dynamiques de couple et la construction d’une intimité saine.
    (à écouter également en podcast)

Sur le Web :

Podcast :